Francese

LORENZO CALOGERO NELLA TRADUZIONE DI JEAN-CHARLES VEGLIANTE E CIRCE
(Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges)

Université Sorbonne Nouvelle Paris 3



Testi tratti dal blog:
uneautrepoesieitalienne.blogspot.com


Médecin (municipal) sans patients, écrivain sans éditeur, suicidaire, phobique, Lorenzo Calogero (1910-1961) aura été l’un des rares purs poètes du XXe siècle italien. Plusieurs fois interné (Villa Nuccia, Gagliano), il disait “apprendre ainsi / face à une faible lumière penché / le faible déclin du silence / de la vie”. Apprécié de C. Betocchi, L. Sinisgalli, G. Tedeschi, il a été lu attentivement par Amelia Rosselli, qui nous avait conseillé autrefois sa traduction.

 

 

Un distique se scinde à peine


Un distique se scinde à peine,

ensuite les arborescences boursouflées

ou autre chose : mais aujourd’hui ce repos

dans les bois me tient compagnie.

Le matin j’étais parti

loin du repos de tes yeux fragiles vers la cime

d’une ville rêvée et le doux rythme des pins

dans le vent devient sombre,

c’était un scrupule un lémure

ou l’espace carré.



Un distico si sfalda appena

Un distico si sfalda appena

e poi le turgide arborescenze

o qualcos’altro: ma m’intrattiene

oggi questo riposo nei boschi.

A mattina ero partito

dal riposo dei tuoi occhi tenui verso la cima

di una città fantastica e il ritmo dei pini

mite nel vento fosco diviene,

una remora un lemure era

o lo spazio quadrato.


Dai Quaderni del ’57, inedito



***


Bien, pourvu qu’au pied


Bien, pourvu qu’au pied, très souvent

sous l’eau, une lenteur dérive

du cours du fleuve, non seulement un hasard heureux

empli de la nature de tous les oiseaux

plongé dans le temps humide et, à son insu,

rapide et veiné de bleu,

mais aussi dedans une douceur,

où soit un souffle chaud

tiré vers la rive,

en un cri humide, rigide, déjà le calme plus las

et obscur émane.



Bene, purchè al piede

Bene, purché al piede, molte volte

subacqueo, una lentezza derivi

del moto del fiume, non solo una fortuna

satura della natura di tutti gli uccelli

immersa nel tempo umido e, all’insaputa,

rapida e venata d’azzurro,

ma anche dentro una dolcezza,

cui sia una ventata calda

trascinata alla riva,

in un grido umido rigido la quiete più stanca

ed oscura già esala.


OP I 75


***


D’une rive


D’une rive naît à la douleur

le jeu. La neige n’est pas comme

la soif, ombre comme la mort.

Il fait déjà jour, le dernier

qui te reste. De son maigre pas

le sommeil est une ombre opaque

qui te piétine.

Cendres ton sang,

suc agreste, distille

un faible son, et si tu te lèves,

aussitôt tu t’appuies sur une pluie

qui rejaillit des racines vers tes vêtements.

Je le savais. Une blonde et claire

gravité scintille, après la pluie,

immobile, humide sur l’herbe. Ou tu te caches

ou bien il y a du sang. Par moments

ou une falaise ou un paysage.

Morne une lumière est sauve

à la marge des rêves.

S’avancer sur la haie

dénudée, écho aride

dans un rayon

qui s’élève.



Da una riva

Da una riva nasce al dolore

il gioco. La neve non è come

la sete, ombra come la morte.

E’ giorno già, l’ultimo

che ti resta. Col suo piè gramo

il sonno è un’ombra opaca

che ti calpesta.

Cenere il tuo sangue,

agreste succo suono fievole

stilla, e se ti desti,

subito poggi sopra una pioggia

che dalle radici ridonda a le tue vesti.

Io lo sapevo. Una lucida e bionda

gravità scintilla, dopo la pioggia,

ferma, umida sull’erba. O ti nascondi

oppure è sangue. A momenti

è rupe o è paesaggio.

Mesta una luce si salva

al margine dei sogni.

Incedere sulla siepe

brulla, eco arida

era dentro un raggio

che si ridesta.


OP I 67


***


Sur un rayon


Sur un rayon était la pluie.

Je ne sais pas d’autre douleur

et, puisque le vent vide

froid ne peut plus reconnaître soi-même

à travers mon corps sombre mince

de verre pur, maintenant je parle.

Je n’ai rien contre les instants,

les derniers reflets qui perturbent

le calme de ton sourire

dans le sommeil sur le mur,

ultime errant visage tourné

vers la fin accomplie de soi-même. En deux distiques

élégants le crépuscule t’entraîna dehors

sur la douceur qui était aux sommets.

S’écroulent là-haut les couleurs. À l’écart

je ne sais quoi d’autre était près de toi,

pris clairement de ton côté

sur la légèreté défaite des ruines.



Sopra un raggio era la pioggia

Sopra un raggio era la pioggia.

Non so che altro sia il dolore

e, perché il vento vuoto

freddo non può più riconoscere se stesso

dietro il corpo cupo fine

di puro vetro, ora sto a dire.

Non mi dispiace degli attimi,

degli ultimi riflessi che inquinano

la quiete del tuo sorriso

nel sonno sulla parete,

ultimo vagante volto alla sommità

rivolto della fine di se stesso. In due distici

eleganti trasse te fuori il vespero

su la dolcezza che fu nelle sue cime.

Franano in alto i colori. In disparte

non so che altro era presso di te,

preso evidentemente dalla tua parte

su la lievità smossa delle rovine.


OP I 109












***



Traduzioni dalla Rivista on-line “Quaderni di Villanuccia”:

www.lorenzocalogero.it/rivista









Avare dans ta pensée


Si, de diverses parts, les signes sous-entendus

deviennent ce que tu songes et ne sais

plus quelle douce courbe est rosée une ligne

tendue, quelle vierge est pure et ferme à l’instant une étoile

et, sans parcours, plus haut qu’une pensée

tu te penches au même instant

qui brusquement se renouvelle

et te donna les nudités du songe,

l’âme toujours égale était sans mystère

ou l’âme à la racine tu peux la perdre

ou la nudité simple était un solo.

mais parce que de parts égales loin elle divisa

fermes tes pensées ne te secourent plus

sur tes fleurs dans la même aridité qui à l’instant scintille elle fuse

et tu t’aperçois que tu es plus seul.

Avare dans ta pensée,

la même substance aride t’englue

seulement pour ton plaisir.
Eloignées ceintes de choses

paraissent déjà toutes les roses.



Avaro nel tuo pensiero

Se, da diverse parti, sottintesi i segni

divengono quel che sogni e non sai

più quale curva lena sia rosea una linea

tesa, quale vergine sia pura e ferma ora una stella

e, senza percorso, più sopra un pensiero

ti sporgi nella medesima ora

che improvvisa si rinnovella

e ti dette le nudità del sogno,

l’anima sempre uguale era senza mistero

o l’anima puoi perdere alle radici

o la semplice nudità era un assolo.

Ma perché da parti uguali erme divise

non più ti soccorrono fermi i tuoi pensieri

sopra i tuoi fiori nella medesima aridità che ora scintilla essa balena

e ti accorgi di essere più solo.

Avaro nel tuo pensiero,

la stessa sostanza arida t’invischia

solo per tuo diletto.

Erme cinte di cose

appaiono già tutte le rose.


da Avaro nel tuo pensiero, inedito, 1955
traduzione JcV



***


…Ce qui fut pleuré


… Ce qui fut pleuré

tel en rosée descend.

Le passager fiévreux,

quiconque se trouve à passer s’attarde en détours,

regarde l’immensité au plus loin

et perçoit des signes prémonitoires

de l’indubitable puissance

de la sagesse divine

et, parcouru d’une pensée soudaine,

il délace ses chaussures

et parcourt pieds nus en silence

le riant sentier,

à la pensée de la mort il incline

et il sent qu’il goûte en cet instant

un petit fragment de paix éternelle.



…Ciò che fu pianto

…Ciò che fu pianto

così in rugiada cala.

Il trepido passeggero,

chiunque di lì passi si dilunga e s’attarda,

guarda l’immensità remota

e scorge segni premonitori

dell’indubbia potenza

della saggezza divina

e, percorso da un subito pensiero,

si slaccia le scarpe

e percorre scalzo in silenzio

il ridente sentiero,

al pensiero della morte inclina

e sente di gustare in quest’istante

un briciolo di eterna pace.


dai quaderni manoscritti del 1936, inedito
traduzione JcV



***


C’étaient roses d’hiver


C’étaient des roses d’hiver

pour toi mises de côté

que pour un petit ouragan

j’embellirai ce soir.

Autant que tu peux,

si les nuages sont démentiels,

je ne mettrai pas sens dessus dessous.

Un petit sous-cadre triste de fleurs c’était,

autant que moi je suis pour un silence pur

heureux de naufrager vers toi

à présent dans le noir.



Erano rose d’inverno

Erano rose d’inverno

per te messe in disparte

che per un piccolo uragano

abbellirò stasera.

Quanto puoi,

se le nuvole sono folli,

non metterò a soqquadro.

Un piccolo quadro triste era di fiori,

quanto io sono per un silenzio puro

felice che naufraga verso di te

ora nel buio


da Avaro nel tuo pensiero, inedito, 1955
traduzione JcV



***


Au-dessus des murmures carrés


Au-dessus des murmures carrés,

de vague en vague, au-dessus d’un sommet ancien

perdu, en janvier, tes rêves

sont aujourd’hui exigus.

De denses nuages apparaissent

et ce ne fut plus que rêve,

une vanité qui doucement oscille

dans tes mains mesurées.

Une saveur

elles avaient, de neige

qui tendrement, intérieurement brille.



Sopra mormorii quadrati

Sopra mormorii quadrati,

di onda in onda, sopra una vetta antica

perduta, di gennaio, i tuoi sogni

sono oggi esigui.

Nubi dense appaiono

e non fu più che sogno,

una vanità che lievemente oscilla

dentro le tue mani modiche.

Un sapore

esse avevano di neve

che teneramente, internamente brilla.


da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE



***


Au ralenti les mêmes substances


Au ralenti les mêmes substances

tu les vois. Ce n’est manquement de soleil

la lumière qui fait défaut, le plein calme, le bois,

une goutte, une lumière, une maison,

l’apparence chérie de personnes mortes,

comme la saveur est solide, le fruit du citronnier

et dans un autre jour contigu ta frigide torpeur.

Au-dessus des os, sur les choses même

est opaque assidûment, en une fleur,

désert le battement du coeur.



A rilento le stesse sostanze

A rilento le stesse sostanze

vedi. Non è mancanza di sole

la luce che vien meno, la calma piena, il bosco,

una gocciola, una luce, una casa,

la cara sembianza di persone morte,

com’è solido il sapore, il frutto del limone

e in altro giorno attiguo il tuo gelido sopore.

Sopra le ossa, su le medesime cose

è opaco assiduo, in un fiore,

deserto il batticuore.


da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE



***



XI


Des pas, blancs, et le bord de mer

contigu. Une insolite paix de vivre

parmi les galets blancs. Un souvenir

pouvait s’éteindre d’une autre vie.

Je savais les rubans rêveurs

et un silence glabre.

Mais un tourbillon secoue

et toi à rebours lentement tu voyais



XI

Bianchi i passi e la marina

attigua. Un’insolita quiete di vivere

fra i bianchi sassi. Poteva spegnersi

un ricordo di un’altra vita.

Io sapevo i nastri sognanti

e un silenzio glabro.

Ma un turbine scuote

e tu a ritroso lentamente vedevi


dai quaderni manoscritti del ’57 – inedito -
traduzione CIRCE



***


Si passible l’écho aux frontières


Si passible l’’écho aux frontières

était invisible signe et étranger

incertain depuis toujours, moi aussi je passe

dans une légèreté ombreuse, charnue,

chantante rare de lignes.



Se passibile l’eco ai confini

Se passibile l’eco ai confini

era invisibile segno e straniero,

dubitato da sempre, passo anch’io

dentro una lievità ombrosa, carnosa

canora rara di linee.


da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE



***


III


C’était un grand matin penché

et hors de ton silence la loi.

Puis ils posaient des jeux, ou étaient-ce

de grandes corolles d’arbres,

parce qu’on se sentait plus pauvre.

Puis fut vrai un regard

et un méditatif à la fin pour les deux.

J’ignorais ce qui s’entrecroisait sur cette rampe

ou était-ce un et invisible, qui comme eau gémit

toujours à la tempe.

Je regardais de ton glabre côté.



III

Era una grande mattina china

e fuori del tuo silenzio la legge.

Poi ponevano giuochi o erano

grandi corolle d’albero,

perché uno si sentiva più povero.

Poi fu vero uno sguardo

ed uno meditabondo alla fine in due.

Io non sapevo ciò che si intersecava su questa ringhiera

o era uno ed invisibile che come acqua geme

sempre alla tempia.

Io guardavo sul tuo glabro lato.


dai quaderni manoscritti del ’57 – inedito -
traduzione CIRCE



***


CLIV

ce disque qui mouille à présent muet de lune

et tu calmais avec le sang la moindre ivresse,

était d’une aile

dont tu vois la légèreté tomber dans le rêve…

à partir d’ici à présent l’on danse,

à présent l’on rêve.



CLIV

questo disco che ora irrora tacito di luna

e tu calmavi col sangue qualunque ebrezza,

era di un’ala

la cui lievità vedi cadere nel sogno ….

a partire da qui ora si danza,

ora si sogna.


da Quaderni di Villa Nuccia, 1959-60
traduzione JcV


***


Je ne peux me dissuader

Je ne peux me dissuader moi aussi

si moi aussi je repense. Un passage lugubre

sur le corps, une comète c’étaient

et pour que la joie ne soit pas toujours calme

tenue avec fougue, plus poreuse

qu’un sommet d’air enflé

qui coûte trop, ça ne pouvait plus être.

Dedans une cage sur le pavé je parle

et je dénombre les heures de mon jour.

Je repeuple mon temps de ces ombres

lasses et je parle tout seul ou me corromps

dans un fragile groupe et dissimule,

parce que les veines enflées de l’air

étaient une porte visqueuse qui plus ne correspond

et, sauvée là-haut une fois encore,

était d’un autre sommet qui va plus haut

et ne varie pas.



Non posso dissuadermi anch’io

Non posso dissuadermi anch’io

se anch’io ripenso. Un passo lugubre

sul corpo, una cometa erano

e purché la gioia non sia sempre quieta

tenuta con furia, più porosa

di una vetta d’aria tumida

che costa troppo non poteva più essere.

Dentro una gabbia sul selciato parlo

e numero le ore del mio giorno.

Ripopolo il tempo mio con ombre

stanche e parlo da solo o mi corrompo

in un gruppo fragile e dissimulo,

perché le vene tumide dell’aria

erano una porta viscida che non più risponde

e, salvata in alto un’altra volta,

era da un’altra vetta che va più in alto

e che non varia.


da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE


***


Je me souviens ce qui était semblable à la roue

Je me souviens ce qui était semblable à la roue

et bien que non plus riche

tant dans ses rayons était légèrement tremblée,

était déjà vraie une journée timide

vulnérable.

Etait vraie son opaque

humble origine.

Une fête

apparaissait déjà dans une étoile.



Ricordo cosa fosse simile alla ruota

Ricordo cosa fosse simile alla ruota

e sebbene non più ricca

quanto nei raggi suoi era lievemente smossa,

era già vera una giornata timida

indifesa.

Era vera l’opaca

sua umile origene.

Una festa

appariva già dentro una stella.


da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE



***




Si je me tourne et regarde

Si je me tourne et regarde autour

de moi ce n’était volonté

de présage. Aussitôt me plie,

timide ligne, un baiser de toi.

Une nouveauté c’était, de rendre

à la pleine lune que je cache

silence fait branches, enchevêtrées

profond, et, de branche

en branche, les feuilles dans les mains,

une pâle joue

ou une paupière déjà éthérée

sur la pointe des doigts

qui timide se décolore.

J’apprends ainsi

devant une faible lumière penché

le faible déclin du silence

de la vie.



Se guardo e mi volgo attorno

Se guardo e mi volgo attorno

non era volontà di prendere

presagio. Subito mi piega,

linea timida, un tuo bacio.

Una novità era rendere

al plenilunio che nascondo

silenzio fatto rami, intricati

nel profondo, e, di ramo

in ramo, le foglie nelle mani,

una pallida guancia

o una palpebra già lieve

sulla punta delle dita

che timida scolori.

Imparo così

di fronte ad una fiavole luce chino

il fievole declino del silenzio

della vita.

da Come in dittici, 1956
traduzione JcV



***



Si même je me tourne et reviens

Si même je me tourne et reviens

en arrière je ne sais à quel point elle était déjà

ou était demain ou est-ce un écheveau

de corps; et même si la richesse

n’est pas la commotion du temps,

quelque chose déjà reste, je vois formés

les lieux nus des bois, les nombres

du temps, intenses les appels.

À partir d’ici ils parlent

d’une saison hors d’elle

ou de choses inertes et, de chose

en chose, est déjà vraie l’origine,

une image d’un vertige

d’une région inféconde

dans l’habituelle mort

qui la torture.


Je savais à quel point étaient assidus sur les prés

les appels ; à ces racines ils racontent

les silences, ondulantes les routes,

dans les mers, et, de toute manière,

en un point était une marge

d’une berge creusée dans les eaux,

un refuge si solitaire qu’il naquit

un jour dans le repos de son corps fragile.


Distillent des gouttes ferventes les nues

restées à l’écart ou arides

brillent sur des balustrades d’air,

où une vie tente une forme

qui en elle-même variée se verse.

Une fixe fumée neigeuse

parfois s’insinue, un léger

disque laissé derrière soi,

muet ménisque du creux des mains,

sous terre. Non plus la brume

grise ne bat assidue à la tempe

qui ne fait plus mal. Sur la terre,

entrant depuis une impalpable

masse, c’est l’habituelle main

qui la renverse.



Se pure mi volgo e ritorno

Se pure mi volgo e ritorno

indietro non so quant’ ella già era

o era domani o è un viluppo

di corpi; e purché la ricchezza

non è la commozione del tempo,

qualcosa già resta, vedo formati

i luoghi nudi dei boschi, i numeri

del tempo, intensi i richiami.

A partire da qui parlano

di una stagione fuori di essa

o di cose inerti e, di cosa

in cosa, è già vera l’origine,

un’immagine di una vertigine

di una stagione infeconda

della medesima morte

che la tormenta.


Sapevo quanto assidui erano sui prati

i richiami; a le radici essi narrano

i silenzi, ondulanti le vie,

dentro i mari, e, comunque,

in un punto era un margine

di un argine scavato dentro acque,

un rifugio così solitario che nacque

un di’ nel riposo del corpo suo fragile.


Stillano gocciole fervide nuvole

rimaste in disparte o aride

brillano su balaustrate d’aria,

dove una vita tenta una forma

che in se stessa varia si versa.

Un fermo fumo niveo

a volte subentra, un fievole

disco lasciato alle spalle,

tacito menisco dal cavo delle mani,

sotterra. Non più la nebbia

grigia batte assidua alla tempia

che non più duole. Sulla terra,

entrata da impalpabile

mole, è la medesima mano

che la rovescia.


da Come in dittici, 1956
traduzione
JcV



***



IX


Peut-être de turgides rameaux

et non de ceux-là la brune

haie était-elle amaigrie et en sèches bandes passaient

les enfants avant que leur poids

rendu léger n’éclaircisse le rayon de la lune;


Mais oui, le creux hémistiche, et puis les paroles

venaient comme des anges,

dans le val, en cohortes.


Et il ne passe plus d’eux une parole brune.


IX

Forse da turgidi rami

e non da quelli la bruma

siepe era sparuta e passavano a schiere

arse i monelli prima che il loro peso

reso leggero rischiari il raggio della luna.


Ma sì, il cavo emistichio, poi le parole

venivano come angeli,

nella valle, schierati.


E non passa più una loro parola bruna.


da Quaderni di Villa Nuccia, 1959-60
traduzione JcV



***



L’image (est languissante)


L’image (est languissante)

renversée repose. Laissée derrière

telle un demi-sommeil elle se remémore

au-dessus des eaux et la surface contigüe

est monotone et résonne.


Des cimes vers des cibles nouvelles

une ville resplendit et recueille

apaisée, non plus toi seule. Une autre rive,

écho endormi, était comme neige.


Le souffle était près d’une joie.

C’était une joie après l’autre, d’un lieu à l’autre venue.

Se détache devant tes yeux,

lointaine, une lune non nouvelle.


Non plus heureuse (un philtre d’amour

de rayons se déverse) était-elle comme dans un chas

dans un de tes jours de fêtes, un jour à toi, c’était

venu comme une chance.


L’immagine (è languida)

L’immagine (è languida)

resupina riposa. Lasciata indietro

quale dormiveglia è memore

sulle acque e l’attigua superficie

è monotona e risuona.

Da monti a mete nuove

una città risplende e raccoglie

quieta non te piú sola. Un’altra sponda,

eco dormente, era come neve.

L’alito era accanto a una gioia.

Una gioia era dopo l’altra, da un luogo all’altro giunta.

Si staglia ai tuoi occhi,

remota, una luna non nuova.

Non piú lieta (un filtro amoroso

di raggi si versa) era quanto dentro una cruna

in un tuo dí di festa, un tuo giorno, era

giunto come la fortuna.


da Sogno più non ricordo -
traduzione CIRCE



***



Si je me tourne et regarde

Si je me tourne et regarde autour

de moi ce n’était volonté

de présage. Aussitôt me plie,

timide ligne, un baiser de toi.

Une nouveauté c’était, de rendre

à la pleine lune que je cache

silence fait branches, enchevêtrées

profond, et, de branche

en branche, les feuilles dans les mains,

une pâle joue

ou une paupière déjà éthérée

sur la pointe des doigts

qui timide se décolore.

J’apprends ainsi

devant une faible lumière penché

le faible déclin du silence

de la vie.


Se guardo e mi volgo attorno

Se guardo e mi volgo attorno

non era volontà di prendere

presagio. Subito mi piega,

linea timida, un tuo bacio.

Una novità era rendere

al plenilunio che nascondo

silenzio fatto rami, intricati

nel profondo, e, di ramo

in ramo, le foglie nelle mani,

una pallida guancia

o una palpebra già lieve

sulla punta delle dita

che timida scolori.

Imparo così

di fronte ad una fievole luce chino

il fievole declino del silenzio

della vita.


da Come in Dittici, 1954 – 56
traduzione J.C.V.



***



Glaciales apparences

Glaciales apparences, je connais la vie âcre

des signes. L’espace n’est pas fini.

Je me corromps. Je ne sais pas l’aurore tel le voleur

du temps rapide sans issue. Est murmure

son sommeil à une réponse au plus haut

d’une tombe cachée qui te transporte,

et, de transport en transport, c’est le son

de l’être heureux, joie non limpide

calme dans son fond. Et si dans son voile

un corps sans poids est vu un pas derrière,

triste je te réclame. Les ciels

sont abîmés, apparus parmi un rayon.

Dans l’île qui les contient

est une hirondelle heureuse.


Gelide parvenze

Gelide parvenze, la vita acre dei segni

conosco. Non è finito lo spazio.

Io mi corrompo. Non so l’aurora quale il ladro

del tempo rapido senza scampo. È murmure

il suo sonno a una risposta a sommo

di una tomba nascosta che ti trasporta,

e, di trasporto in trasporto, è il suono

dell’essere felice, gioia non tersa

calma nel suo fondo. E se nel suo velo

un corpo dietro un passo senza peso

vede, triste io ti domando. I cieli

sono sciupati, emersi dentro un raggio.

Nell’isola che li contiene

è una rondine felice.


da Come in Dittici, 1954 – 56
traduzione CIRCE



***



Robes, chapeaux flottant au vent

Robes, chapeaux flottant au vent

et gants elles portent, et le souffle

d’une chanson qui bat sur le front

et l’éclat adouci des yeux

retient ; et si les vents

sont sans frontières, voici,

sur les tuiles rouges, se montrent

légères les muses ; et cimes

et ville rêvée demeurent avec joie,

à présent que verse l’huile

d’une vaine lampe une vaine jeune fille;

et les pays perdus du temps

en une lumière qui les estompe gémissent

en une vaine poursuite.



Abiti, svolazzanti cappelli

Abiti, svolazzanti cappelli

e guanti portano e l’alito

di una canzone che batte in fronte

e il mesto bagliore degli occhi

trattiene; e se i venti

sono senza confine, ecco,

sulle tegole rosse, appaiono

leggere le muse; e cime

e città fantastica stanno con gioia,

ora che olio versa

da una vana lucerna una vana fanciulla

e paesi persi del tempo

in una luce che li smorza gemono

in una vana rincorsa.


da Ma Questo…
traduzione CIRCE



***



Si pour peu j’entends


Si pour peu j’entends et enlève à la voix

ne me reste qu’une image

pour finir. Ce fut jaillissement

tranquille ta vie comme une eau,

aussi proche sa mince explication.

Le taciturne lent déroulement des saisons

te va bien. J’ignore en quel artefact

raréfié mouvement des monts ou à peu près semblable

humble était fait aux origines. Pouvaient pourtant

se développer en silence, une migration

glaciale, un pur espace

en pures pauses d’ombres.

Egale enfle et résonne la brise

et répond. Le matin sur la colline inclémente

était la cause des songes.


Se per poco odo


Se per poco odo e tolgo a la voce

non mi resta che un’immagine

per finire. Fu scaturigine

quieta la tua vita come acqua,

cosí partecipe esigua la spiegazione.

Il taciturno lento svolgersi delle stagioni

ti si addice. Non so in quale artefatto

rarefatto moto dei monti o pressoché simile

umile era fatto alle origini. Pure potevano

svilupparsi il silenzio, una migrazione

gelida, un puro spazio

in pure pause di ombre.

Uguale lievita e riecheggia la brezza

e risponde. Il mattino sul colle inclemente

era la causa dei sogni.



da Ma Questo…
traduzione J.C.V.



***



27 juin 1936


J’ai fait un mauvais rêve cette nuit.

J’avais l’impression qu’une forêt

piquetée de lacs m’envahissait.

Des enfants plaintifs, tremblants,

jouaient sur mon oreiller.



27 giugno 1936


Ho fatto un brutto sogno stanotte.

Mi pareva che una foresta

perlata di laghi m’invadesse.

Tremuli queruli fanciulli

giocavano sul mio guanciale.


Lorenzo Calogero, dai quaderni del 1936 – inedito -
traduzione CIRCE


***


Je vois des anges vagabonds


Je vois des anges vagabonds et une clarté lunaire.

S’immerge une marée et deviennent grappes

les sons sur les couleurs. Resplendissante

court l’haleine dans le vol assidu. Ferme,

restée en arrière, lente était l’origine

de la lumière tacite et, si je retiens,

en un doigt, ton mouvement rendu vivant

et visuel à l’intérieur d’un cercle d’immobile

splendeur, je retiens aussi mon souffle

sur la vaine surface, restaurée, qui  me reste.

Informes les morts entendent. Nuages

sont çà et là étendus; ils ont envahi

de l’arc du tremblant horizon à l’écart

son impétueux immense rond.



Vedo angeli vaganti


Vedo angeli vaganti e una chiarità lunare.

S’immerge una marea e sono grappoli

i suoni sui colori. Splendente

corre l’alito nel volo assiduo. Ferma,

rimasta indietro, lenta era l’origine

della luce tacita e, se trattengo,

in un dito, il tuo moto reso vivo

e visivo dentro un cerchio di immobile

splendore, trattengo anche il mio respiro

sulla vana superficie, resa desta, che mi resta.

Informi i morti odono. Nuvole

sono qua e là distese: hanno invaso

dell’arco del discosto tremulo orizzonte

il suo impetuoso immenso giro.


Lorenzo Calogero, da Sogno più non ricordo, 1956 – 58
traduzione CIRCE


***


Tout était calme solaire


Je me souviens des temps passés, antiques.

Tout était accueilli dans le calme

taciturne lent déroulement des saisons,

dans le régulier solaire cycle du jour.

Tout se mouvait lent et tranquille

presque sans raison.

J’écoutais la voix première des bergers

aux confins des temps solitaires,

tant que ne me la reprenait pas

la voix impétueuse du vent.

Je marchais par de riants réveillés sentiers.

Là s’arrêtait la première

de mes juvéniles espérances.

Dans ce soleil clos

se mouvaient mes premiers pas.

Le cri des passions

n’était pas encore solitaire entré

dans le creux des veines me secouer.


Tout était calme solaire

comme un jour ouvert.



Tutto era calmo solare


Io mi ricordo dei tempi passati, antichi.

Tutto era accolto nel calmo

taciturno lento svolgersi delle stagioni,

nel regolare solare ciclo del giorno.

Tutto si muoveva lento quieto,

quasi senza un perché.

Ascoltavo la prima voce dei pastori

al limite dei tempi solitari,

finché non me la ritoglieva

la voce impetuosa del vento.

Camminavo per ridesti ridenti sentieri.

Là si fermava la prima

mia giovanile speranza.

Dentro quel chiuso sole

si muovevano i miei primi passi.

L’urlo delle passioni

non era ancora solitario entrato

nel cavo delle vene a scuotermi

Tutto era calmo solare

come un giorno aperto.