LORENZO CALOGERO NELLA TRADUZIONE DI JEAN-CHARLES VEGLIANTE E CIRCE
(Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges)
Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
Testi tratti dal blog:
uneautrepoesieitalienne.blogspot.com
Médecin (municipal) sans patients, écrivain sans éditeur, suicidaire, phobique, Lorenzo Calogero (1910-1961) aura été l’un des rares purs poètes du XXe siècle italien. Plusieurs fois interné (Villa Nuccia, Gagliano), il disait “apprendre ainsi / face à une faible lumière penché / le faible déclin du silence / de la vie”. Apprécié de C. Betocchi, L. Sinisgalli, G. Tedeschi, il a été lu attentivement par Amelia Rosselli, qui nous avait conseillé autrefois sa traduction.
Un distique se scinde à peine
Un distique se scinde à peine,
ensuite les arborescences boursouflées
ou autre chose : mais aujourd’hui ce repos
dans les bois me tient compagnie.
Le matin j’étais parti
loin du repos de tes yeux fragiles vers la cime
d’une ville rêvée et le doux rythme des pins
dans le vent devient sombre,
c’était un scrupule un lémure
ou l’espace carré.
Un distico si sfalda appena
Un distico si sfalda appena
e poi le turgide arborescenze
o qualcos’altro: ma m’intrattiene
oggi questo riposo nei boschi.
A mattina ero partito
dal riposo dei tuoi occhi tenui verso la cima
di una città fantastica e il ritmo dei pini
mite nel vento fosco diviene,
una remora un lemure era
o lo spazio quadrato.
Dai Quaderni del ’57, inedito
***
Bien, pourvu qu’au pied
Bien, pourvu qu’au pied, très souvent
sous l’eau, une lenteur dérive
du cours du fleuve, non seulement un hasard heureux
empli de la nature de tous les oiseaux
plongé dans le temps humide et, à son insu,
rapide et veiné de bleu,
mais aussi dedans une douceur,
où soit un souffle chaud
tiré vers la rive,
en un cri humide, rigide, déjà le calme plus las
et obscur émane.
Bene, purchè al piede
Bene, purché al piede, molte volte
subacqueo, una lentezza derivi
del moto del fiume, non solo una fortuna
satura della natura di tutti gli uccelli
immersa nel tempo umido e, all’insaputa,
rapida e venata d’azzurro,
ma anche dentro una dolcezza,
cui sia una ventata calda
trascinata alla riva,
in un grido umido rigido la quiete più stanca
ed oscura già esala.
OP I 75
***
D’une rive
D’une rive naît à la douleur
le jeu. La neige n’est pas comme
la soif, ombre comme la mort.
Il fait déjà jour, le dernier
qui te reste. De son maigre pas
le sommeil est une ombre opaque
qui te piétine.
Cendres ton sang,
suc agreste, distille
un faible son, et si tu te lèves,
aussitôt tu t’appuies sur une pluie
qui rejaillit des racines vers tes vêtements.
Je le savais. Une blonde et claire
gravité scintille, après la pluie,
immobile, humide sur l’herbe. Ou tu te caches
ou bien il y a du sang. Par moments
ou une falaise ou un paysage.
Morne une lumière est sauve
à la marge des rêves.
S’avancer sur la haie
dénudée, écho aride
dans un rayon
qui s’élève.
Da una riva
Da una riva nasce al dolore
il gioco. La neve non è come
la sete, ombra come la morte.
E’ giorno già, l’ultimo
che ti resta. Col suo piè gramo
il sonno è un’ombra opaca
che ti calpesta.
Cenere il tuo sangue,
agreste succo suono fievole
stilla, e se ti desti,
subito poggi sopra una pioggia
che dalle radici ridonda a le tue vesti.
Io lo sapevo. Una lucida e bionda
gravità scintilla, dopo la pioggia,
ferma, umida sull’erba. O ti nascondi
oppure è sangue. A momenti
è rupe o è paesaggio.
Mesta una luce si salva
al margine dei sogni.
Incedere sulla siepe
brulla, eco arida
era dentro un raggio
che si ridesta.
OP I 67
***
Sur un rayon
Sur un rayon était la pluie.
Je ne sais pas d’autre douleur
et, puisque le vent vide
froid ne peut plus reconnaître soi-même
à travers mon corps sombre mince
de verre pur, maintenant je parle.
Je n’ai rien contre les instants,
les derniers reflets qui perturbent
le calme de ton sourire
dans le sommeil sur le mur,
ultime errant visage tourné
vers la fin accomplie de soi-même. En deux distiques
élégants le crépuscule t’entraîna dehors
sur la douceur qui était aux sommets.
S’écroulent là-haut les couleurs. À l’écart
je ne sais quoi d’autre était près de toi,
pris clairement de ton côté
sur la légèreté défaite des ruines.
Sopra un raggio era la pioggia
Sopra un raggio era la pioggia.
Non so che altro sia il dolore
e, perché il vento vuoto
freddo non può più riconoscere se stesso
dietro il corpo cupo fine
di puro vetro, ora sto a dire.
Non mi dispiace degli attimi,
degli ultimi riflessi che inquinano
la quiete del tuo sorriso
nel sonno sulla parete,
ultimo vagante volto alla sommità
rivolto della fine di se stesso. In due distici
eleganti trasse te fuori il vespero
su la dolcezza che fu nelle sue cime.
Franano in alto i colori. In disparte
non so che altro era presso di te,
preso evidentemente dalla tua parte
su la lievità smossa delle rovine.
OP I 109
***
Traduzioni dalla Rivista on-line “Quaderni di Villanuccia”:
www.lorenzocalogero.it/rivista
Avare dans ta pensée
Si, de diverses parts, les signes sous-entendus
deviennent ce que tu songes et ne sais
plus quelle douce courbe est rosée une ligne
tendue, quelle vierge est pure et ferme à l’instant une étoile
et, sans parcours, plus haut qu’une pensée
tu te penches au même instant
qui brusquement se renouvelle
et te donna les nudités du songe,
l’âme toujours égale était sans mystère
ou l’âme à la racine tu peux la perdre
ou la nudité simple était un solo.
mais parce que de parts égales loin elle divisa
fermes tes pensées ne te secourent plus
sur tes fleurs dans la même aridité qui à l’instant scintille elle fuse
et tu t’aperçois que tu es plus seul.
Avare dans ta pensée,
la même substance aride t’englue
seulement pour ton plaisir. Eloignées ceintes de choses
paraissent déjà toutes les roses.
Avaro nel tuo pensiero
Se, da diverse parti, sottintesi i segni
divengono quel che sogni e non sai
più quale curva lena sia rosea una linea
tesa, quale vergine sia pura e ferma ora una stella
e, senza percorso, più sopra un pensiero
ti sporgi nella medesima ora
che improvvisa si rinnovella
e ti dette le nudità del sogno,
l’anima sempre uguale era senza mistero
o l’anima puoi perdere alle radici
o la semplice nudità era un assolo.
Ma perché da parti uguali erme divise
non più ti soccorrono fermi i tuoi pensieri
sopra i tuoi fiori nella medesima aridità che ora scintilla essa balena
e ti accorgi di essere più solo.
Avaro nel tuo pensiero,
la stessa sostanza arida t’invischia
solo per tuo diletto.
Erme cinte di cose
appaiono già tutte le rose.
da Avaro nel tuo pensiero, inedito, 1955
traduzione JcV
***
…Ce qui fut pleuré
… Ce qui fut pleuré
tel en rosée descend.
Le passager fiévreux,
quiconque se trouve à passer s’attarde en détours,
regarde l’immensité au plus loin
et perçoit des signes prémonitoires
de l’indubitable puissance
de la sagesse divine
et, parcouru d’une pensée soudaine,
il délace ses chaussures
et parcourt pieds nus en silence
le riant sentier,
à la pensée de la mort il incline
et il sent qu’il goûte en cet instant
un petit fragment de paix éternelle.
…Ciò che fu pianto
…Ciò che fu pianto
così in rugiada cala.
Il trepido passeggero,
chiunque di lì passi si dilunga e s’attarda,
guarda l’immensità remota
e scorge segni premonitori
dell’indubbia potenza
della saggezza divina
e, percorso da un subito pensiero,
si slaccia le scarpe
e percorre scalzo in silenzio
il ridente sentiero,
al pensiero della morte inclina
e sente di gustare in quest’istante
un briciolo di eterna pace.
dai quaderni manoscritti del 1936, inedito
traduzione JcV
***
C’étaient roses d’hiver
C’étaient des roses d’hiver
pour toi mises de côté
que pour un petit ouragan
j’embellirai ce soir.
Autant que tu peux,
si les nuages sont démentiels,
je ne mettrai pas sens dessus dessous.
Un petit sous-cadre triste de fleurs c’était,
autant que moi je suis pour un silence pur
heureux de naufrager vers toi
à présent dans le noir.
Erano rose d’inverno
Erano rose d’inverno
per te messe in disparte
che per un piccolo uragano
abbellirò stasera.
Quanto puoi,
se le nuvole sono folli,
non metterò a soqquadro.
Un piccolo quadro triste era di fiori,
quanto io sono per un silenzio puro
felice che naufraga verso di te
ora nel buio
da Avaro nel tuo pensiero, inedito, 1955
traduzione JcV
***
Au-dessus des murmures carrés
Au-dessus des murmures carrés,
de vague en vague, au-dessus d’un sommet ancien
perdu, en janvier, tes rêves
sont aujourd’hui exigus.
De denses nuages apparaissent
et ce ne fut plus que rêve,
une vanité qui doucement oscille
dans tes mains mesurées.
Une saveur
elles avaient, de neige
qui tendrement, intérieurement brille.
Sopra mormorii quadrati
Sopra mormorii quadrati,
di onda in onda, sopra una vetta antica
perduta, di gennaio, i tuoi sogni
sono oggi esigui.
Nubi dense appaiono
e non fu più che sogno,
una vanità che lievemente oscilla
dentro le tue mani modiche.
Un sapore
esse avevano di neve
che teneramente, internamente brilla.
da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE
***
Au ralenti les mêmes substances
Au ralenti les mêmes substances
tu les vois. Ce n’est manquement de soleil
la lumière qui fait défaut, le plein calme, le bois,
une goutte, une lumière, une maison,
l’apparence chérie de personnes mortes,
comme la saveur est solide, le fruit du citronnier
et dans un autre jour contigu ta frigide torpeur.
Au-dessus des os, sur les choses même
est opaque assidûment, en une fleur,
désert le battement du coeur.
A rilento le stesse sostanze
A rilento le stesse sostanze
vedi. Non è mancanza di sole
la luce che vien meno, la calma piena, il bosco,
una gocciola, una luce, una casa,
la cara sembianza di persone morte,
com’è solido il sapore, il frutto del limone
e in altro giorno attiguo il tuo gelido sopore.
Sopra le ossa, su le medesime cose
è opaco assiduo, in un fiore,
deserto il batticuore.
da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE
***
XI
Des pas, blancs, et le bord de mer
contigu. Une insolite paix de vivre
parmi les galets blancs. Un souvenir
pouvait s’éteindre d’une autre vie.
Je savais les rubans rêveurs
et un silence glabre.
Mais un tourbillon secoue
et toi à rebours lentement tu voyais
XI
Bianchi i passi e la marina
attigua. Un’insolita quiete di vivere
fra i bianchi sassi. Poteva spegnersi
un ricordo di un’altra vita.
Io sapevo i nastri sognanti
e un silenzio glabro.
Ma un turbine scuote
e tu a ritroso lentamente vedevi
dai quaderni manoscritti del ’57 – inedito -
traduzione CIRCE
***
Si passible l’écho aux frontières
Si passible l’’écho aux frontières
était invisible signe et étranger
incertain depuis toujours, moi aussi je passe
dans une légèreté ombreuse, charnue,
chantante rare de lignes.
Se passibile l’eco ai confini
Se passibile l’eco ai confini
era invisibile segno e straniero,
dubitato da sempre, passo anch’io
dentro una lievità ombrosa, carnosa
canora rara di linee.
da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE
***
III
C’était un grand matin penché
et hors de ton silence la loi.
Puis ils posaient des jeux, ou étaient-ce
de grandes corolles d’arbres,
parce qu’on se sentait plus pauvre.
Puis fut vrai un regard
et un méditatif à la fin pour les deux.
J’ignorais ce qui s’entrecroisait sur cette rampe
ou était-ce un et invisible, qui comme eau gémit
toujours à la tempe.
Je regardais de ton glabre côté.
III
Era una grande mattina china
e fuori del tuo silenzio la legge.
Poi ponevano giuochi o erano
grandi corolle d’albero,
perché uno si sentiva più povero.
Poi fu vero uno sguardo
ed uno meditabondo alla fine in due.
Io non sapevo ciò che si intersecava su questa ringhiera
o era uno ed invisibile che come acqua geme
sempre alla tempia.
Io guardavo sul tuo glabro lato.
dai quaderni manoscritti del ’57 – inedito -
traduzione CIRCE
***
CLIV
ce disque qui mouille à présent muet de lune
et tu calmais avec le sang la moindre ivresse,
était d’une aile
dont tu vois la légèreté tomber dans le rêve…
à partir d’ici à présent l’on danse,
à présent l’on rêve.
CLIV
questo disco che ora irrora tacito di luna
e tu calmavi col sangue qualunque ebrezza,
era di un’ala
la cui lievità vedi cadere nel sogno ….
a partire da qui ora si danza,
ora si sogna.
da Quaderni di Villa Nuccia, 1959-60
traduzione JcV
***
Je ne peux me dissuader
Je ne peux me dissuader moi aussi
si moi aussi je repense. Un passage lugubre
sur le corps, une comète c’étaient
et pour que la joie ne soit pas toujours calme
tenue avec fougue, plus poreuse
qu’un sommet d’air enflé
qui coûte trop, ça ne pouvait plus être.
Dedans une cage sur le pavé je parle
et je dénombre les heures de mon jour.
Je repeuple mon temps de ces ombres
lasses et je parle tout seul ou me corromps
dans un fragile groupe et dissimule,
parce que les veines enflées de l’air
étaient une porte visqueuse qui plus ne correspond
et, sauvée là-haut une fois encore,
était d’un autre sommet qui va plus haut
et ne varie pas.
Non posso dissuadermi anch’io
Non posso dissuadermi anch’io
se anch’io ripenso. Un passo lugubre
sul corpo, una cometa erano
e purché la gioia non sia sempre quieta
tenuta con furia, più porosa
di una vetta d’aria tumida
che costa troppo non poteva più essere.
Dentro una gabbia sul selciato parlo
e numero le ore del mio giorno.
Ripopolo il tempo mio con ombre
stanche e parlo da solo o mi corrompo
in un gruppo fragile e dissimulo,
perché le vene tumide dell’aria
erano una porta viscida che non più risponde
e, salvata in alto un’altra volta,
era da un’altra vetta che va più in alto
e che non varia.
da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE
***
Je me souviens ce qui était semblable à la roue
Je me souviens ce qui était semblable à la roue
et bien que non plus riche
tant dans ses rayons était légèrement tremblée,
était déjà vraie une journée timide
vulnérable.
Etait vraie son opaque
humble origine.
Une fête
apparaissait déjà dans une étoile.
Ricordo cosa fosse simile alla ruota
Ricordo cosa fosse simile alla ruota
e sebbene non più ricca
quanto nei raggi suoi era lievemente smossa,
era già vera una giornata timida
indifesa.
Era vera l’opaca
sua umile origene.
Una festa
appariva già dentro una stella.
da Avaro nel tuo pensiero, 1955 – inedito -
traduzione CIRCE

